L'économie des jeux d'argent en France
Nous avons vu précédemment que les jeux d'argent se sont beaucoup développés de manière générale dans l'ensemble du monde et sont maintenant un facteur important dans l'économie mondiale. Mais qu'en est-il du rapport entre l'industrie des jeux d'argent et de hasard en France, et l'économie française?
- Des français de plus en plus joueurs:
En France en 1970, seul 0,54%
du budget des ménages
était destiné aux jeux d'argent et de hasard. La donnée la plus récente de ce tableau (tiré d'une étude
de l'INSEE parue en mai 2005) nous montre qu'en 2003, c'était environ 0,91%,
soit presque une multiplication
par deux en seulement une trentaine d'années.
Depuis, elle s'est légèrement contractée avant de se stabiliser à 0,8% en 2012.

source de l'image : wikipédia

source de l'image : INSEE, 2010
D'après des textes récents de l'INSEE, la mise moyenne d'un joueur français par an
est de 2000 euros. Cependant, il s'agit d'une moyenne générale, comptabilisant les joueurs très riches, et très pauvres, donc de grands écarts. De plus, selon les souces, ce chiffre varie, il est donc plus judicieux de prendre en compte la part du budget d'un ménage dédiée aux jeux d'argent, bien plus représentative.

source de l'image : INSEE
- Les jeux d'argent et l'Etat français
Un français sur 2 joue au minimum de façon occasionnelle, selon une estimation de 2010. Le secteur est partagé par deux « opérateurs historiques », le PMU (qui détient 25% de la part du marché des paris sportifs en France) et la FDJ (entreprise publique car détenue à 72% par l'Etat, ce qui signifie qu'une grande partie des revenus de FDJ lui revient). De plus, le marché des jeux d'argent est taxé par des prélèvements fiscaux obligatoires (variant selon les différents jeux), soit plus de 10% de l'argent des mises qui revient dans les caisses de l'Etat. Le taux, rapporté au PBJ, s'élève à 67 % pour la FDJ, 54% pour les casinos, 51 % pour les opérateurs en ligne et 39 % pour le PMU selon l'INSEE (étude de 2012).

Logo du PMU (source : google image)

Logo de la FDJ (source : google image)
Si l'industrie des jeux d'argent rapporte à l'Etat, elle pose aussi problème vis-à-vis de sa régulation. Le secteur des jeux de hasard est très réglementé par l'État. Son contrôle est effectué par de nombreux intervenants dont le ministère de l'Intérieur (casinos), le ministère en charge des finances (PMU, FDJ) et l'Autorité de régulation des jeux en ligne pour les jeux en ligne.
Cette politique d'encadrement vise à :
-assurer la fiabilité et la transparence des opérations de jeu, d'éviter toute triche ou profit économique illégal des filières concernées pour la régulation l'offre.
-prévenir le jeu excessif ou pathologique et de protéger les mineurs (interdits de jeux, hors tombolas et loteries) pour la régulation de la demande.
-Un secteur qui rapporte pour les entreprises
Les dépenses dans ce secteur sont d'ailleurs assez importantes, à en voir le graphique suivant (INSEE), la FDJ domine le marché (ex : en 2011 avec plus de 4000 d'euros par rapport à environ 2300 pour le PMU ou les casinos) :

source de l'image : INSEE
La plupart de ces jeux et paris s'effectuent en ligne, ce qui explique la forte augmentation depuis 2010.

source de l'image : INSEE
Malgré sa domination dans le marché, la FDJ reste moins rentable que le PMU et les casinos.
Pour les jeux en ligne, de nombreux opérateurs sont apparus en 2010, mais depuis cette date, leur nombre a peu à peu diminué : de 34 fin 2011, ils ne sont plus que 19 fin 2013. En effet, le secteur rapporte gros mais privilégie les grandes entreprises, c'est pourquoi la plupart de ses nouveaux opérateurs ont préféré arrêter leur activité, face aux difficultés à dégager une rentabilité.
Selon les années, les jeux d'argent sont plus ou moins rentables. On peut prendre l'exemple de l'année 2013 qui a été une année médiocre : baisse de 0,8% de la valeur de la consommation totale de jeux d'argent en France, et faillite de nombreux petits opérateurs.
- Consommation de jeux d'argent : rentable ?
D'après l'INSEE, un joueur régulier dépense en moyenne 2000 euros par an. Pour ce montant, il faut déduire les gains perçus pour obtenir une dépense nette de 400 euros. On peut ainsi estimer que les joueurs récupèrent environ 80% de leur mise, en général.
On calcule les gains effectués grâce aux TRJ, le taux de retour aux joueurs, qui est la proportion des mises que le joueur récupère, sous forme de gain. Ce taux est souvent régulé en fonction du jeu (casino, roulette, poker,...).
De manière générale, les jeux d'argent sont très rarement rentables pour le consommateur, a quelques exceptions près (Loto, ou le joueur peut gagner une somme d'argent très importante), le joueur dépense plus qu'il ne gagne.
